| Financement de la recherche |
| Written by Christophe D. Assogba | |
|
Christophe Assogba, L’Evénement Précis, Benin
Les donateurs doivent revoir les critères de choix entre le Nord et le Sud. Des chercheurs francophones d’Afrique de l’Ouest estiment que les critères qui leur sont appliqués sont trop rigides. Ils appellent les bailleurs à s’adapter.
Si la recherche piétine en Afrique notamment en Afrique sub-saharienne
francophone, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de chercheurs qualifiés
ni de centres de recherche ou laboratoires qualifiés.
Mais simplement
en raison de certaines exigences liées au financement de la recherche
en elle même. En effet, les organismes qui financent la recherche, pour
la plupart occidentaux, ne font du tout pas de distinction entre les
pays développés plus équipés et avancés et les pays sous-développés
faibles dans leurs critères de choix.
La sélection des centres de recherche pour bénéficier d’un financement se fait le plus souvent suivant les mêmes critères lorsqu’on est en présence d’un dossier de chercheurs du Nord et du Sud.
Selon le Dr
Léonard Fourn, président de l’Association des chercheurs du Bénin, les
donateurs exigent les mêmes choses aux chercheurs des pays du Nord
qu’à leur homologue des pays du Sud. Ces exigences constituent,
d’après ce chercheur béninois, l’une des causes qui font que les
chercheurs des pays du Sud se découragent très vite pour la recherche.
C’est ce qui explique également le peu d’intérêt pour la recherche en
Afrique ouest africaine.
Même constat au Cameroun, pour le Dr Gilbert
Soffo, de Zinü Network, une ONG basée à Baffoussam qui développe une
expérience locale en matière de recherche grâce à l’appui financier du
Centre de recherche pour le développement international (Crdi). Selon
les deux chercheurs, les organismes de financement de la recherche
doivent faire la part des choses entres les pays développés et ceux
sous-développés dans le processus de financement de la recherche.
D’après eux, on ne saurait exiger les mêmes choses des chercheurs du
Nord et du Sud. Il existe un grand écart entre les deux, notamment en
ce qui concerne les outils de travail et dans la culture de la
recherche.
Ils estiment que les chercheurs du Nord disposent de
laboratoires de recherche mieux fournis ou équipés que ceux des pays du
Sud. Pour corriger cette distorsion, qui freine surtout le
développement de la recherche dans les pays ouest africains
francophones, ils invitent les organismes de recherche à être flexibles
dans les critères et à tenir compte de certains paramètres régionales
pour bénéficier d’un financement de la recherche.
|